Je plane.

Publié le par Pascal

Y a pas à dire, on a beau déjà connaître le protocole d’une opération, l’avoir déjà vécu plusieurs fois, l’entrée au bloc a toujours quelque chose de mystérieux… Presque excitant ! Me voilà justement dans ce t endroit particulier, bien au chaud sous mes couvertures chauffantes. Les gens qui me manipulent se présentent tour à tour. « Bonjour, je suis l’infirmier anesthésie » etc.… On me cale sur la table, tout est rapide, l’orchestre connaît bien son morceau et joue sa partition sans aucune fausse note. Bientôt, on me signale le début de l’injection. Je sens une vague de chaleur partir du bras, de la perfusion, et se répartir en moi. Ça commence à tourner, mais ce n’est pas désagréable. L’impression de planer… On me met en même temps un masque à oxygène, ça aussi c’est étrange.

 

Ça tourne de plus en plus.

 

Je suis dans une salle avec des gens autour de moi qui me manipulent. Je tourne la tête. Un lit à gauche. Un lit à droite. Je comprends. Salle de réveil.

 

Je demande à ce qu’on m’humecte la bouche avec un gant humide, ou de la gaze, ou n’importe quoi. Mon infirmière est très sympa. L’anesthésiste vient me voir. Je n’ai pas mal. Dix minutes plus tard, ça me lance dans le bas-ventre, ça brûle. L’anesthésiste est rappelé. J’aurai droit à ma morphine. Alors, ça, c’est LE truc ! Cinq minutes plus tard, la douleur a complètement disparu. Je plane un peu. Je m’endors, je me réveille, je me rendors. On me réveille pour une piqûre dans l’épaule. Probablement de l’anticoagulant.

 

Je me réveille. Tiens, on invite des top models dans les hôpitaux maintenant. Une beauté en blouse me fait face. « On vous ramène dans votre chambre, monsieur ****** .» Mais avec plaisir ! Les deux inf. qui me ramènent sont extra-sympas ! Me voilà dans ma chambre, un coucou à Roger, qui s’avèrera un super compagnon de chambre avec qui j’aurai bien rigolé malgré ses ronflements terribles.

 

20h. Enfin le droit de boire ! Bonheur. Par contre, Roger n’arrête pas de me faire rire. Le petit problème, c’est que la moindre contraction du bas-ventre agit comme si l’on me plantait un poignard dans le bidon.

 

Roger regarde un film, mais il ne me faut pas longtemps pour partir pour le pays des rêves bleus.

 

Minuit. Réveil en fanfare, c’est l’heure de la prise de tension. 3h. Même chose. 6h. Réveil.

14h. Je suis libre. Jusqu’au verdict. Celui-ci sera positif. La maladie est plus étendue qu’on ne le croyait. Merde.

Publié dans Mon cancer

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claire 10/12/2005 08:01

bonjour pascal
tu me pose une question , eh bien les miens viennent du sein au départ, et depuis octobre 2004 j'ai une récidive dans les poumons mais on me soigne toujours pour mon cancer primitif !
et je suis sure que ces crabes vont tous mourrir!!! je te fais un bisou courage a toi claire

Pascal 10/12/2005 09:28

Et juste pour ma culture perso, tu as quel âge (bien sûr tu n'est pas obligée de répondre!)

claire 07/12/2005 09:14

bonjour pascal
j'espère que pour toi ça va ,malade comme toi des crabes plein le corps , mais avec un moral de plomb comme toi ton blog trouver par hazard me réconforte et m'aide a garder le moral continue a te battre tu verra nous les aurons ces crabes de malheur je te fais un gros bisou je suis avec toi a bientôt claire

Pascal 07/12/2005 10:44

Bien sur que nous les aurons! Et ils viennent d'ou les tiens?

Bool 03/12/2005 09:53

Oh la la, les éclats de rire douloureux après une opération, j'ai connu ça aussi, c'est terrible, ça fait mal, mais ça fait tout de même un bien fou ;-) Quel paradoxe !

Pascal 07/12/2005 10:43

C'est sur!

Pascal

llh 30/11/2005 21:28

Heureusement il y a la morphine...

Ben aka Marmay 30/11/2005 12:36

Aloha Pascal, j'essaie de t'envoyer un peu de soleil de Maurice, mais c'est dur à numériser...
Bonne journée!