Bienvenue chez le docteur Freud...

Publié le par Pascal

Au quart de ma thérapie, j’ai eu envie de faire un premier petit bilan de ces derniers mois. Je suis passé par différents états, correspondant tous à une étape dans le processus d’acceptation de ma maladie. Donc si vous avez un peu de temps, je vous propose de prendre la place de monsieur Freud dans le fauteuil, pendant que je m’allonge moi-même sur le divan. Bon là, vous devez dire « je vous écoute », et c’est à moi de jouer… (Enfin je crois, vu que je suis jamais allé consulter chez un psy…)

 

A l’annonce de la maladie, comme je le racontais dans les premiers articles, je restai tout à fait calme. Avec le recul, j’analyserais ce calme presque comme de l’indifférence. Une sorte d’inconscient refus de la maladie… Le mot « cancer » avait pour moi, jusque là, quelque chose de très, très lointain. « Le cancer ?! Pfeu ! Une maladie pour les personnes âgées ! »

 

Mon entourage a bien plus vite pris la mesure de la chose. Dans les jours qui suivirent, ce fut coups de téléphone sur coups de téléphone. J’avais une profonde aversion envers tous ces témoignages de soutiens. « Mais pourquoi est-ce que tout le monde me témoigne de son amitié et de son soutiens ? » Je ne me sentais pas du tout, mais alors pas du tout malade… Il faut dire qu’avant le diagnostic, et même après, d’ailleurs, je n’avais pas de symptômes particuliers me prouvant que j’étais malade. A part cette boule aux cervicales, je n’avais pas de sueurs nocturnes, de fièvres, de perte de poids, etc….

 

La période des examens complémentaires fut une période de stress, mais toujours pas à cause de la maladie. En fait, les questions qui me préoccupaient concernaient plutôt mes activités. Je me demandais si je pourrais continuer à étudier normalement, si je pourrais continuer le sport, et tout le reste.

 

Enfin, le 1er décembre 2005, j’entrai à l’hôpital pour subir ma première chimiothérapie. Ce fut un moment très particulier. Comme le mot « cancer », « chimiothérapie » avait à mes yeux une dimension… comment dire… presque mystique. Et puis il faut dire que les médecins communiquent assez mal sur ce sujet. Bien sûr, ils ne peuvent pas déclarer : « vous allez avoir ça, ça, et ça comme effets secondaire. » La réaction à ce traitement change d’un malade à l’autre. Mais bon, moi, lorsqu’on m’a fait la première perfusion, je me demandais encore si ça allais me brûler les veines, si j’allais vomir dès la première goûte de produit dans le sang… Ok, vous me direz que c’était aussi à moi de poser les questions… C’est vrai que je n’ai peut-être pas assez utilisé les consultations précédentes… En tous cas, un conseil, avec le recul, n’hésitez pas à poser à votre médecin les questions que vous voulez, même celles qui vous paraissent les plus débiles. C’est son boulot finalement, d’en entendre des vertes et des pas mûres !

 

La chimio se passa bien, ainsi que les jours suivants, malgré une grosse fatigue. Cela ne joua peut-être pas en ma faveur. En effet, toujours avec le recul, il me semble que j’aurais plus vite accepté ce qui m’arrivait si j’avais été malade comme un chien dès le début… Enfin, avec des si, on met Zürich en bouteille !

 

La deuxième fut plus dure, et paradoxalement, fut le début des vrais questionnements et des vraies réponses. Les épisodes d’angine au moment des fêtes, aussi, me poussèrent à un bon travail d’introspection. Je me souviens de l’un de mes hématologues me disant en souriant, que finalement, c’est eux qui nous rendaient malade. Il ne croyait pas si bien dire ! La maladie était là depuis plusieurs semaines, mais le traitement la révéla à mes yeux ! Enfin c’est comme cela que je l’interprète maintenant.

 

Enfin, ces derniers jours, j’ai beaucoup discuté avec d’autres cancéreux, d’autres jeunes cancéreux. Ça a été, pour ainsi dire, la cerise sur le gâteau. Ça a été une révélation pour moi : JE NE SUIS PAS SEUL, HALLELUIA ! Eh oui, je me suis aperçu que je n ‘étais pas le seul à avoir des effets secondaires bizarres (par exemple d’avoir des nausées rien qu’en visualisant la perfusion…) Pour cela, je salue notamment Valérie et Claire, qui sans le vouloir, ont mis les dernières touches à mon travail d’acceptation.

 

EH, OH ! Normalement le psy, il ne s’endort pas, lui. Allez ! On se réveille ! C’est fini !

Publié dans Mon cancer

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Commenter cet article

anne 12/01/2006 10:36

bonjour pascal
on se connait qua travers et tres brievement de lassociation jsc..je n y viens plus aussi souvent quavant ,mon etat de sante ne me permet plus de trainer sur lordinateur!sache que tues 1 vent de fraicheur sur le site,et jadmire cette lucidité ;cette force qui se degage de toi.jaime bien les differents commentaires sur la chimio, la mienne etait rouge,et je lappelais "mon petit kir"(etant bretonne..);jetais ecouree par cette chimio aussi mais voila aujourdhui plus aucun traitement nest possible, je suis en fin de vie,alors cest la que je me dis que je donnerais nimporte quelle chimio de nimporte quelle couleur,pour vivre encore des annees sur cette malgres tout fichue terre,et que ma fille qui va avoir ds qq jours  6 ans ,puisse grandir aupres de sa maman..je viens te souhaiter cher ptitsuisse,tout le bonheur du monde!! bravo a ton blog tres reussi, et merci pour cette delicieuse musique de enya, je lecoute et je me dis meme pardon, ca va etre triste a pleurer ds ls chaumieres,mais pourquoi pas cette musique le jour des obseques...accroche toi, et surtout fait ce qui te fait plaisir sans contrainte...courage a toi ..

Pascal 12/01/2006 20:17

Anne, sache d'abord que tu peux dire sur ce blog tout ce que tu veux, même si ca doit faire chialer tout le monde!
Ton témoignage me touche évidemment au plus haut point, mais que dire... J'espère que tu profites à fond de ton boutchou, de ce petit rayon de soleil. Courage.
D'autre part, je te remercie du fond du coeur pour l'effort que tu fournis pour nous faire partager tes ressentis.
Pascal

claire 12/01/2006 09:15

mon pascalou
eh oui je n'ai rien a ajouter, c'est ça tout a fait ça, j'ai eprouvé les mèmes choses je ne me sentais pas malade , la mème semaine ou j'ai appris mon cancer, je venais de faire une rando de 6 heures de marche, et  2 sorties a vtt de 25km chacune alors c'est vraiment dur de se dire je suis malade!!!! et vient la première chimio et la on est malade!!!!
maintenant ,je suis toujours en chimio,  mais j'ai accepte et je me sent forte face a cette maladie ,j'ai un moral d'acier  et te lire pascalou me fait un bien fouuuuuuuu !!
tu es encore plus fort que moi, tu en parle et le fait d'en parler de ne pas garder cela que pour nous aide énormément  , tu arrive a en faire des articles c'est genial tu es genial!!!! gros bisousssssssssss
claire

Pascal 12/01/2006 20:14

Merci pour tes encouragements, Claire!

Laurence - Lolo 11/01/2006 19:57

pendant ma chimio, j'avais aussi un produit rouge, assez marquant dans les premières urines lol
moi par contre ce que je ne savais plus supporter, c'était l'odeur de l'isobétadine... beurk!!!!!!!

cécile 11/01/2006 17:31

c'est drole, tu dis que rien que de voir la perf tu as mal au coeur... moi, le produit chimio dans la perf était rouge. Après la fin de mon traitement, pendant bien 4 mois, rien que de REGARDER un verre de grenadine, j'avais mal au coeur!! n'importe quoi lol ! d'ailleurs, je ne bois plus de grenadine (mais du vin si, c'est un rouge plus foncé!)

Pascal 12/01/2006 20:13

Mouai... Ce serait pas un bon argu,ent pour picoler, ça?...

colchique 11/01/2006 16:37

Le monde ne s'est pas écroulé, il y a juste un autre monde à côté, celui que d'ordinaire on fuit et que là on est bien obligé d'affronter . Entre les deux
 des passages des passerelles
des obstacles aussi
et tout ça qui nous oblige une fois de plus à sortir de nous- même
pour que la vie continue - avec une vie intérieure plus intense et un désir de continuer à évoluer dans le monde des bien portants.

Pascal 12/01/2006 20:13

Belles images...