Mon pilier...

Publié le par Pascal

Depuis le début de ma maladie, je me pose beaucoup de questions. Mais je m’aperçois qu’elles me concernent moi, seulement moi. Ou disons l’ensemble de la communauté malade. Jamais celle qui nous fait face, celle des proches.

 

Comme je l’ai déjà dit, et comme d’autres l’ont encore mieux expliqué (cf. commentaires de Jak), on est tout à fait seul face à sa maladie. Elle se ressent, elle se vie, et de part même sa nature, ne peux se partager. Mais en face de nous, il y a nos proches. Notre partenaire, éventuellement, puis notre famille, puis nos amis. Comment réagissent-ils, comment vivent-ils la maladie d’un proche ?

 

Je n’ai jamais été dans ce cas. Je n’ai jamais été proche d’un ou une malade. Et à vrai dire, avant d’attraper ce foutu cancer, c’était des problèmes qui me passaient à 300km au dessus de la tête. A la limite, un reportage chez monsieur Poivre d’Arvor ou une soirée en compagnie de monsieur Delarue était là de temps en temps pour me rappeler que oui, chez certains, la vie peut basculer, et ceux-ci se réveillent un jour avec une sclérose en plaques, un cancer, une MST, etc… Mais rien de bien grave pour moi…

 

Lorsque j’ai annoncé ma maladie à ma puce, dès ma sortie de l’hôpital, j’ai bien senti qu’elle avait du mal à avaler la nouvelle. Je ne l’ai pas senti effondrée. Elle avait mal, mal pour moi. Et puis elle a vite relevé la tête et s’est démenée pour me rendre la vie plus facile pendant la période des examens complémentaires. Sachant qu’elle habite en ce moment à l’autre bout de la France, ça se résumait à des conversations fréquentes au téléphone, des lettres, des petits mots, mais qui donnent une pêche d’enfer pour aller de l’avant.

 

Puis j’ai commencé le traitement, et comme je l’avais déjà dit, ça a été le vrai début de la maladie pour moi. Et le début des vraies souffrances pour les proches, et en particulier pour ma copine. Mener une relation à distance n’est pas chose aisée. Lorsqu’en plus l’un des deux est traité pour une maladie grave, cela peut vite devenir un calvaire. Ce qui la touche vraiment, d’après les discussions que nous avons pu avoir, c’est de ne pas connaître ce que je ressens. Ne pas pouvoir se représenter la douleur (pas nécessairement physique) afin de comprendre ce que je vis. Elle m’a dit un jour quelque chose qui, sur le coup, m’avait profondément énervé voire choqué. Elle me disait qu’elle aurait aimé vivre la même chose pour comprendre ce que je pouvais ressentir. Maintenant, je comprends un peu mieux ce qu’elle a voulu dire par là. Voir son partenaire se transformer, maigrir, perdre ses cheveux, et souffrir psychologiquement, ne doit pas être chose évidente.

 

En fin de compte, j’admire complètement la manière dont elle réagit maintenant. Sa vie a aussi changé depuis le début du traitement. Même si elle habite à plusieurs centaines de kilomètres, sa vie est aussi rythmée par les traitements successifs et les évènements imprévus dus à ceux-ci (infections, hospits, etc...) D’autre part, j’ai, depuis le début du traitement, la libido sérieusement en berne. Pas plus de petits plaisirs personnels que de moments d’extase à deux depuis pas mal de semaines. Je ne saurais expliquer pourquoi, est-ce d’ordre physiologique ou psychologique ? (tiens d’ailleurs faudra que je fasse un article sur ce sujet. On parle peu de la sexualité dans la maladie.) Je ne sais. Toujours est-il que j’imagine que ce n’est pas non plus nécessairement une situation agréable à vivre pour elle. Et j’en viens parfois à me demander comment elle fait pour vivre ce cumul de petits soucis sans broncher, en gardant toujours une pêche d’enfer, et en me la communiquant du mieux qu’elle peut…

 

Merci ma petite puce, t’es un vrai pilier pour moi !

Publié dans Mon cancer

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cat 21/01/2006 19:03

donc je disais ...
je découvre ton blog, et je t'ai mis dans mes liens ...
 
je disais également que l'amour fait faire des choses incroyables. Je considère l'amitié véritable également comme une histoire d'amour autrement ... je veux dire par là, que ta puce est un pillier qui t'aime bien plus que d'amour ...
bon courage à toi, à vous deux !

cat 21/01/2006 19:02

yé né comprends pas je t'ai mis un com qui n'apparait pas
pourtant je n'ai pas encore bu ???
bisous

Cerenlau 21/01/2006 11:55

Bravo  à ta puce  c'est bien d'etre entouré de gens qui nous aime. Et tu as de la famille à part elle?

Pascal 21/01/2006 12:07

Oui oui, ca fera l'objet d'un article plus tard ;-)

claire 20/01/2006 21:44

pascalou
ta puce est simplement geniale!!! et oui j'ai rencontre pendant ma maladie plusieurs  personnes  qui se sont retrouvés  , malade et abandonnés par leur compagnons car pas le courage de supporter tout ça et oui c'est la vérité !!!
pour moi c'est un peu pareil , pas mon mari ni mes enfants mais ma maladie a fait le vide d'amis et de famille qui ont pris le large, des fois qu'on serait contagieux !!!! enfin j'ai quand mème plusieurs pilliers mon mari mes enfants et la est l'essentiel mais encore bravo a ta puce elle t'aime vraiment!!!
claire

Pascal 21/01/2006 08:54

La famille proche est essentielle! Mais pour ce qui concerne les amis, ca fait le tri.Bonne journéePascal

Bool 20/01/2006 10:56

Elle supporte tout cela, tout simplement, je pense, parce qu'elle t'aime :-)Grosses bises à toi Pascal,Bool

Pascal 20/01/2006 11:32

Je pense aussi ;-)