Come back...

Publié le par Pascal

Eh voilà. Après dix jours d’absence, le besoin de me confier sur mon blog revient petit à petit… J’aurais bien la solution psy, mais je suis trop radin.

 

Jeudi. 10 jours que ma maman est morte. 6 jours que j’ai eu cette p****** de cinquième chimio qui m’a encore bien détruit.

 

10 jours que cette p****** d’avalanche sortie de nul-part s’est déclenchée. 10 jours que mon papa a vu ma maman dévaler sous ses yeux et disparaître sous les masses de neige. 10 jours qu’il raconte, comment il l’a retrouvée, immédiatement, à l’aide de son appareil de recherche, comment l’hélicoptère est arrivé, comment le médecin lui a annoncé le décès sur le coup.

 

10 jours que je n’arrive pas à être en colère contre cette p****** de montagne que j’adore, et que je parcourrai encore beaucoup sur mes planches, collant mes peau de phoque dans l’obscurité calme et glaciale de l’aube, montant tranquillement, goûtant le soleil de midi sur un sommet quelconque avant de plonger dans la froideur de la vallée… Loin de la civilisation. Loin des stations surfréquentées, suréquipées, surprotégées.

 

Les mots de ma grande sœur m’annonçant la nouvelle au téléphone tournent dans ma tête. Sans arrêt. Le deuil sera long.

 

Quelle brutalité, quelle violence. On oublie toute la misère du monde. Plus d’enfants qui meurent de faim, plus de guerres. Rien n’a d’importance à part la perte de l’être cher.

 

Jeudi. Obsèques. Finalement le rappatriement du corps depuis la Suisse a été rapide.

 

Vendredi matin. Je suis étendu, une aiguille piquée dans la poitrine. C’est déjà l’heure de me donner ma petite dose de poison. J’ai des nausée rien qu’en entrant dans la chambre d’hosto. Ça promet.

 

Effectivement, je trinque. Pendant trois jours, galère. Mon père reçoit un appel d’un proche qui lui demande de mes nouvelles. « Il dort et il vomit. » Moi qui avait bien accepté ma maladie et mon traitement, j’ai l’impression que tout le travail sur moi-même est à refaire. J’ai oublié tous les autres malades qui souffrent plus que moi. J’ai oublié Anne qui m’a laissé ce commentaire qui me marquera à jamais « je ferais toutes les chimios du monde si j’en avais la possibilité. » J’ai oublié tous ceux qui souffrent pendant plusieurs semaines en chambre stérile. Tout le travail est à refaire. Une brèche dans la carapace que je m’étais créé au fil des dernières semaines. Une nouvelle brèche à colmater. Avec quoi, je ne sais pas encore. J’irai faire un tour à bricomarché, ils sauront me conseiller. (oui, je pratique aussi un humour de merde, maintenant.)

 

Vient s’ajouter là-dessus une gastro. Je connais les moindre détails du mur de mes toilettes. Je trinque. Je continue à maigrir. A un moment ou la nourriture est essentielle, je rends tout ce que je mange.

 

Mardi, alors que mon père m’appelle, je me lève de mon lit, fais quelque pas. Ça ne va pas, je me tiens au mur. Dernier souvenir. Au souvenir suivant, je suis à genoux parterre et mon papa me tient sous les épaules. Evanouissement. Hypotension probablement.

 

Bref, ma condition gastrique s’est améliorée. Je l’ai testée hier soir avec une tartiflette. Si celle-là passe, tout passera. Jusqu’à la prochaine chimio…

Publié dans Mon cancer

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Banana 05/02/2006 16:30

Le courage, pour répondre à ce que tu dis dans un com plus haut, est avant tout de sortir des épreuves qu'on avait pas imaginer traverser. Si possible avec le sens de l'humour, c'est encore mieux :)En cela, tu es exemplaire !Marmay te proposait une rando vers Grenoble, je me joindrais bien à vous, mais je suis sûre que vous me laisseriez sur le carreau, au pire, je jouerai ménagères parfaites et ferais la popote devant la tente en vous attendant :)p

Pascal 05/02/2006 16:50

Alors la ma Banana, en ce moment, c'est toi qui me laisseras sur le carreau, facile!!Ceci dit, un petit trip en Belledonne, je prends!!!

isa et jeanyves 04/02/2006 11:45

nous on adore la tartiflette..........c'est super bonpour ce que j'ai
 
bises

lolo 03/02/2006 21:32

courage
je pense bien a toi
bisous

claire 03/02/2006 21:20

pascalou je suis contente de te relire, j'ai trouvé le temps long, je t'admire mon petit pascalou mais c'est super de garder un moral pareil!! ta maman doit être fiere de toi, et de son nuage la haut elle veille sur toi , comme mon papa veille sur moi! la vie est belle malgrés tout , et nous nous devons de guerrir, gardons le moral et continuons de nous battre contre cette p**** de maladie pour eux mais aussi pour nous et pour notre entourage bises a + claire

Molly Oh 03/02/2006 14:16

Eh.. la Vie semble s'acharner parfois.. Etant plus ou moins agnostique j'ai cessé de vouloir donner un sens aux multiples épreuves qui arrivent souvent en nombre ( bah oui sinon c'est pas drôle :(  ). Là où il faut du sens, c'est dans ce qu'on veut faire de sa vie, et là peut être on saura lui en donner un...Continuer même si la vie est parfois noire et souvent grise. Elle est aussi très belle par petites touches, et pour cela elle vaut sûrement la peine de résister. Mes condoléances, et bien sûr du courage dans les épreuves que tu as et auras à surmonter. La vie réserve autant de mauvaises surprises qu'elle est capable de nous en offrir de belles... Amicalement.

Pascal 03/02/2006 14:39

ouep.