Et de huit...

Publié le par Pascal

Ouai, vous connaissez le truc maintenant. Chimio le vendredi, compte-rendu le lundi ou mardi. Bon, pour résumer, y a eu de tout. Du bon, du moins bon. La vache, ça en fait des « bon » en deux phrases…

 

Vendredi matin. Entrée dans l’arène. J’arrive dans mon service. Et là, j’ai débloqué. Moyenne d’âge de la file d’attente devant la secrétaire, 70 ans. En l’espace d’une seconde, j’ai une énorme poussée de haine. Haine contre le monde entier. Haine contre cet hôpital qui me donne envie de gerber. Haine contre ces médecins qui n’arrêtent pas de me rabâcher que « ce n’est l’affaire que de quelques mois. », etc. Bref, je deviens une furie. Une furie contrôlée. J’implose. Demi-tour, ascenseur, sas d’entrée, et je peux enfin pousser un bon cri primaire. Vous savez, le cri primaire de Bigard, celui qu’il décrit si bien dans un de ses sketchs. Ça va mieux. Je suis d’attaque. Retour dans le service. Sourire des infirmières.

 

Routine. Perfusions. Je bats mon record : je vomis à l’hôpital. J’avais toujours réussi à me retenir jusqu’à la maison. On me bourre d’anti-vomitifs. Je revomis. L’infirmière ne sourit plus. Dans son regard de la pitié. C’est tout ce que ma gueule inspire à ce moment là. Ah non, pas tout à fait. Ma petite sœur me dira plus tard que lorsque je vomis, j’ai ensuite une tête de monstre. J’inspire donc soit la pitié, soit la peur. Quel bonheur.

 

Le week-end se passe bien. Plus aucun vomissement, même si je suis parfois limite. Eh oui ! J’ai enfin trouvé le bon anti-vomitif. Il n’est pas remboursé par la sécu, mais ce n’est pas un gros investissement. Quoi ? Comment il s’appelle ? Cola Coca. Dingue non ?

 

Ah oui, j’oubliais, j’ai pu reprendre le sport dès dimanche. J’en ai fait un après-midi entier ! Grand Prix de Barhein, France-Angleterre, Stade 2. Je sens que je suis sur la bonne voie ! Je le sens, je le sens ! Oui, je sais, manque plus que la petite binouze à siroter pour devenir un vrai de vrai (vous savez, celui avec le jogging Le Coq Sportif bleu, la main dans le…) mais l’alcool, j’évite en ce moment. Vivement que je puisse enfin remonter sur le vélo et chausser mes running… Ça me manque vraiment énormément…

 

Quoi qu’il en soit, j’en ai maintenant huit derrière moi. Huit quoi, huit quoi, z’aviez qu’à suivre. Cela veut donc tout simplement dire que dans le pire des protocoles, je suis à la moitié. Ou bien encore qu’il m’en reste désormais moins à faire que ce que j’ai déjà fait. Ou encore que… Mouai, vous avez compris. Ah oui, j’oubliais, dans une semaine, c’est scanner, et dans deux, c’est petscann. Moment de vérité, je saurai enfin si je réponds bien à la chimio. Et je dois avouer que ça me fait vraiment angoisser… Enfin, je vous raconterai tout ça.

Publié dans Mon cancer

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Elise 14/03/2006 14:17

[humour] Il y a un Raffarin (ou une Lorie) qui se cache dans le message au dessus! [/humour]
J'ai mis quelques expressions allemandes sur mon blog... Mais je garantis pas que ce soit les memes en suisse allemand, quand je vois deja comment s'orthographie cette langue! ;) C'est toi qui begueye sur le clavier, ou il y a vraiment ces doubles voyelles?

HermÚs 14/03/2006 12:46

Arrête d'angoisser tout ce passera bien, il faut adopter la positive attitude.
Amicalement Hermès

manue 14/03/2006 12:15

  un petit coucou  de moi, bravo pr se match.....lol tu vas y remonter sur ton velo comme dirons les medecins se n'est qu'une question de tps!!
pr le coca ....bé c'est une grde decouverte....mais au moin si ca tempeche de vomir c un bon point! , vu les dega qu'il peu faire sur ton estomac..
bon bref bone journé

Ben aka Marmay 14/03/2006 11:34

Scalp, mon bon Scalp,Pour toi, parce que je réfléchis plus en chansons que par moi-même: Le monde entier n'a pas chialé Le monde entier n'est pas là pour ça Le monde entier t'en n'a pas voulu autant que moi Si tu m'avais demandé, moi je t'aurai dit Que dans la vie ce qui compte c'est pas l'issue mais c'est le combat Qu'il faut rendre ce que tu reçois les mauvais coups comme les plus bas Et que rien que la beauté du geste te donne raison sur ce que tu détestes Mais moi, j'étais trop loin J'étais même pas là pour te tendre la mainMano Solo - Le Monde Entier (extrait)

Danet 14/03/2006 10:25

Ah je suis contente de te revoir, te revoir, je débloque, je voulais dire de voir que tu nous reviens toujours aussi révolté, tu as raison ! As-tu aussi un grand beau temps ? Ici il fait un soleil magnifique mais très froid, si tu peux, remets tes baskets, vite ! Gros bisous Mamie Danet.

Pascal 14/03/2006 10:45

Ben justement il fait vrament froid ici aussi. J'entretiens donc une relation privilégiée, voire érotique, avec mon poelle...