Pasc is back

Publié le par Pascal

Non vous ne rêvez pas. C’est bien Pascal qui vous écrit, après quelques vacances et une reprise des études nez dans le guidon!

Quatre semaines se sont maintenant passées depuis la fin de la thérapie. Le bilan : qu’est-ce que ça fait du bien… Cette fin de galère tant attendue, et qui maintenant est là, je crois que j’en ai vraiment rêvé. Et je me suis fait à son sujet tous les films possibles et imaginables. Mais là, maintenant que j’y suis… Je savoure…

A dire vrai, le bilan n’est pas tout à fait rose. Je me sens frustré, et parfois triste. Ce moment que j’ai tant attendu, j’aurais voulu le partager avec tous mes proches, tous ceux qui m’ont aidé pendant la maladie. Mais une manque à l’appel…

Maintenant, la vie reprend son cours. Une nouvelle page se tourne, enfin se tournera lorsque j’aurai eu les résultats de mon dernier scanner de lundi. Je ne stresse pas particulièrement, vu que les précédentes analyses étaient plutôt bonnes. Mais cet examen est là pour me rappeler que si maintenant, tout va bien, il se peut que dans six mois, un an, cinq ans, je rechute. Vous me direz que j’ai plus de chance de subir un accident de voiture, de tomber dans mes escaliers, de tomber à vélo… C’est vrai… Mais j’avais aussi plus de chances de subir un accident de voiture, de tomber dans mes escalier, de chuter à vélo, que de contracter un lymphome de Hodgkin.

J’avoue, maintenant que cette maladie est derrière moi, je crois sincèrement que c’est une chance d’avoir vécu une telle expérience. Cela peut paraître étrange, et certains m’en voudront ou seront peut-être choqués que je dise cela, m’en voudront par rapport à tous ceux qui souffrent encore. Mais je persiste et signe : ca a été une expérience hors du commun qui me fera apprécier la vie tout-à-fait différemment d’avant. Je ne dirais pas que j’ai gagné en maturité, comme certains me le prédisaient au tout début de la maladie. Mais plutôt que mon angle de vue a changé sur bon nombre de choses. J’en ai déjà souvent parlé dans ce blog, ces fameux petits plaisirs, mais aussi ces petites tracasseries qui désormais me coulent dessus en m’atteignant moins. Disons que je suis devenu pragmatique…

Maintenant, il s’agit de se replonger dans un quotidien nouveau. Pas facile de restructurer sa vie lorsqu’elle était basée depuis quelques mois sur le schéma chimio-dodo-vomito-dodo-vomito-boulot-attente-de-la-prochaine-chimio. Personnellement, bien que cela ait étonné pas mal de personnes de mon entourage, je crois que c’est bien d’avoir presque tout de suite repris le travail. Après une semaine de repos au bord de la manche et une semaine sur le vélo, je suis heureux de recommencer à faire marcher le cerveau plus intensément…

L’autre jour en roulant, j’ai repensé à ces mois de traitement (eh oui ! les sports d’endurance poussent beaucoup à la réflexion…) On parle souvent de combat contre la maladie. Mais me suis-je réellement battu contre la maladie. Je crois finalement que non. J’ai simplement subi. Un peu à la manière du « si quelqu’un te frappe la joue, tends l’autre joue » des évangiles, je me suis fait frapper les joues toutes les deux semaines (heu… Non, je ne me suis pas fait frapper par l’infirmière, hein ? Je vais encore me faire poursuivre pour diffamation, moi!), et à chaque fois, j’ai bêtement tendu l’autre joue en attendant la chimio suivante. C’est d’ailleurs pour cela que pour moi, un malade n’est pas courageux, mais simplement têtu.

Sur ce, je vous laisse pour aujourd’hui, j’ai un camembert à déguster (mon plus grand plaisir du moment…) et des cheveux à regarder pousser (mon activité favorite du moment...)

Publié dans Mon cancer

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caro et titi 28/08/2006 09:52

j'ai decouvert ton blog aujourd'hui, bravo pour ton combat et courage a ceux qui sont encore sur "le ring"

Martine 22/08/2006 15:23

Bonjour Pacsal,je viens eulement de revenir sur mon blog mon combat étant un peu plus compliqué que le tien, j'avais eu tout a coup besoin de m'éloigner de beaucoup de choses.La rémission à toutes les chances de se transformer en guérison... c'est le "bon" coté du hodgking" Les lois évoluent sous la pression associatives,  pour pouvoir profiter cette nouvelle possibilité : oublier complètement cette maladie  et faire fi de sa maladie auprès des assurances et des banques c'est sur que l'on sort mûri de cette expérience, et même si on ne se bat pas ... je ne me suis pas battu non plus, j'ai fais ce que l'on m'a dit et mon instinct de conservation a du faire le reste :-)plein de bonne choses pour la suiteMartine

cécile 20/08/2006 17:51

Bonjour, je ne vous ai pas beaucoup envoyé de commentaires mais je vous ai suivi dans votre aventure dans le monde des soignés et des soignants. Je ne pense pas que vous ayez subi votre maladie mais vous l'avez accepté et de là vous avez agi et vous l'avez combattu à votre manière, la guérison par la prose avec toujours de l'humour et de la bravoure. Cette expérience est unique (je l'espère de tout coeur...)et vous en sortez grandi (disons 1m80m!!).Une infirmière qui vous veut du  bien

:0075:Danet:0075: 19/08/2006 11:30

Ravie de te relire, enfin mon grand.Mamie Danet.

cécile 18/08/2006 11:08

alors je suis pas d'accord sur l'idée "le traitement c'est subir, c'est tendre l'autre joue"
Ca suppose que le traitement te fait du mal, qu'il t'amoindrit. Ca peut sembler comme ça au 1er abord (vomissements etc...) Mais non. La chimio c'est comme une armée de petits soldats un peu trop excités, qui pratiquent la politique de la terre brûlée. Dur, mais efficace. Et si on l'imagine comme ça, on accepte mieux le traitement.
bisous!